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 Vision d'Hobywen: L’étouffement moderne!?

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MessageSujet: Vision d'Hobywen: L’étouffement moderne!?   Mar 14 Aoû 2012, 15:56

Bonjour à tou(te)s,

Dans un régime « totalitaire », même mou, le pire, ce sont les voisins. Ceux de la porte d’à côté, bien sûr, mais aussi les collègues de travail, les partenaires sportifs, les relations lâches ou occasionnelles, les buveurs de bière ou de coca cola de la table d’en face, enfin, tout le monde. C’est justement cela, le totalitarisme. Tous les éléments de la paranoïa sont rassemblés. La légende noire des systèmes de contrôle intégral qui ont fleuri au XXe siècle, en même temps que les moyens techniques de conditionnement collectif se perfectionnaient, souligne, à juste titre, les dangers de dénonciation, de délation et de réprobation agressive secrétés par l’environnement proche, des enfants à l’amante, du conjoint à l’épicier. De ce côté-là, les mœurs n’ont guère évolué, et le seul aspect réellement surprenant est l’étrange dichotomie qui sépare d’une part la répulsion suscitée par le flicage fasciste ou communiste d’antan, réquisitoire entretenu par l’école et la vulgate libérale, et d’autre part l’acceptation « raisonnable » du maillage électronique, et toutes les incitations à la surveillance réciproque qui semblent désormais s’inscrire dans la « culture » politique et sociétale contemporaine. Personne ne voit plus d’inconvénient maintenant à être fiché, enregistré, ausculté par tous les moyens, et peu d’écart sépare un être suspect – et, dans notre société de méfiance universelle, de compétition et de haine sournoise, tout le monde est plus ou moins louche – d’un « terroriste » potentiel. Graduellement, sournoisement, un quadrillage et une occupation – comme lorsqu’on parle de « territoire occupé – ont débarrassé tout lopin de sauvagerie libre, ou de virtuelle disposition de soi, peu séparable de la fantaisie tatienne ou de la liberté libre rimbaldienne, de sa charge imprévisible, donc subversive. Si une permissivité en matière de mœurs et un relatif esprit d’initiation dans le domaine économique sont abandonnés aux personnes, c’est qu’ils servent le système, et constituent un dérivatif bien utile pour légitimer la prétention « libérale » du système, et orienter les énergies vers des usages sans réel péril pour lui. Pire : il peut se donner le luxe d’assister la liberté en élargissant le domaine des luttes contre les « archaïsmes », les obstacles à une apparente « possession de soi », ravalée à l’usage hédoniste et utilitariste. L’Etat protecteur, dans le temps même où il étend le filet d’un espionnage intégral, à coups de campagnes promotionnelles et de piqûres législatives, prend soin de la santé morale et physique d’un citoyen qui a choisi, presque avec soulagement, le confort domestique du chien gras, habitué à la laisse, plutôt que l’aventure hardie mais hasardeuse du loup efflanqué.

Une telle situation a de quoi surprendre, surtout si l’on considère les luttes sociales et politiques des deux derniers siècles, et la rhétorique presque révolutionnaire de régimes contemporains dont la pratique contredit violemment les prétentions idéologiques (par exemple les discours incendiaires déversés sur les Etats encore libres de la planète). Encore faut-il percevoir ce qui est réellement, et ne pas se laisser piper par les mots. Et c’est bien le malheur de l’homme, d’être un animal symbolique, imaginatif et poétique. Car le monde du verbe bénéficie souvent, pour lui, de plus de substance que la réalité la plus frustre. Les exemples de manquent pas dans l’Histoire, et les satiristes, les Voltaire et les Zinoviev, les Swift et les Céline, les Aristophane et les Pascal, les Flaubert et les Murray, ont pu donner des leçons de pensée, sans qu’ils fussent d’ailleurs entendus suffisamment, tant l’aptitude à la sidération se présente comme une seconde nature, peut-être la plus importante, celle qui domine, chez l’homme. Les propos sur la liberté remplacent alors la liberté concrète, et contribuent même à l’étouffer.

Il se trouve singulièrement que notre époque accumule tous les ingrédients d’une mise en esclavage universelle, qui aurait fait horreur aux Anciens, lesquels n’étaient pas toujours soucieux de ce que l’on nomme maintenant les « droits de l’homme ». Il est pour le moins ardu d’expliquer en quoi cette nouvelle religion sécularisée se compose comme une immense piperie à l’usage d’un monde exceptionnellement doué pour le manichéisme et le mélodrame. Nous vivons dans un univers qui a poussé l’abstraction jusqu’à éliminer le corps des relations humaines, tout en le divinisant par l’icône et la transfiguration porno-médicale. Tout semble dorénavant en place pour substituer à la vraie vie une « second life », plus véritable parce que plus conceptualisée. La rugueuse réalité, opaque, obtuse, massive et pesante, devient éthérée, volatile, flexible et compatible avec des cerveaux aussi fragiles que les estomacs délicats, seuls capables de digérer une nourriture aseptisée, réduite à l’état de plats cuisinés et de bouillie pour animal domestique. Il est aussi difficile de faire comprendre à un être, dont les chaînes paraissent des gages de libération, ce qu’est la liberté concrète, faite d’inconfort, de mise à distance, de déstabilisation, de recherches et de curiosités incessantes, de découvertes douloureuses, d’approfondissement et parfois de vertige, qu’à un gastronome d’apprendre le goût à un adolescent baigné dans le jus poisseux de Macdonald. Le sentiment, la sensation, la perception sensorielle de la liberté, comme de l’esclavage, font partie de ces mystères de l’existence, comme l’amour, comme le bonheur, dont il est presque impossible de déterminer l’origine, où entre une part d’éducation, peut-être, d’instinct, sûrement, d’intelligence et d’éthique pure, mais où l’énergie, qui est une grâce, intervient de façon certaine, comme le vent qui tend et fait gémir le gréement d’un voilier.

D’où provient donc cette propension contemporaine à se mentir, à gober sans sourciller des mensonges gros comme des tours, tout en s’adonnant à la vie formidable, bien que dupliquée à l’infini, de la société de consommation ? Il faut, pour l’expliquer, remonter à l’origine de l’idéologie « libérale », ce dernier vocable pris dans son sens le plus large, économique, mais aussi idéologique, politique, culturel, et quasi religieux. Le retrait, vers l’époque de la Renaissance, que l’on nomme bien à propos l’âge « moderne », arrachement qui a recentré le souci du monde sur l’homme et l’Etat, sur l’aménagement utilitaire de la maison planétaire, sublunaire, pour parler en termes aristotéliciens, a engendré une grille interprétative dont la vertu a été d’araser la complexité du réel. Le messianisme religieux, qui n’évacuait pas la nécessaire coexistence, certes temporaire, avec une nature mêlée de mal et de bien, dont les arcanes étaient souvent difficiles à discerner, a été remplacé par un finalisme sécularisé, le progrès, aussi mécaniquement programmé que l’autre était espéré, et qui avait pour tâche d’en finir avec l’Histoire, c’est-à-dire avec ce roman humain pétri de personnages et de situations trop imparfaits pour la Raison. Jean-Claude Michéa, dans ses analyses lumineuses, a tracé la généalogie de cette prétention à porter la solution à tous les maux historiques, ambition dont justement l’atout principal est de se présenter, avec la modestie d’un Benjamin Franklin, comme l’antithèse de l’héroïsme, de la gloire, du panache guerrier et aristocratique, en gros comme le bon gros sens de l’épicier, qui sait platement « ce qu’une chose est », c’est-à-dire calculable et honnête. Aussi bien la réalité politique a-t-elle été transmuée en ce mélodrame ridiculement réducteur, simpliste et biaisé, qui, des niveleurs puritains au parti « philosophique », a irrigué la contestation depuis deux ou trous siècles, et a tendu à se substituer à l’appréhension juste de ce qu’est une société réelle. Il est vrai que cette vision simpliste des choses, où la morale remplace l’esprit critique, ne s’est pas imposée, comme la société « industrialiste », selon la phraséologie saint-simonienne, n’a pas réussi à éradiquer d’un seul coup l’ancienne civilisation, où l’ « utilité » n’était pas la valeur dominante, et où l’ « oisiveté », le loisir, l’art et la culture étaient encore à l’abri des impératifs strictement sociaux et économiques, et où le bonheur était encore une quête individuelle, singulière et profondément dissonante avec la bêtise universelle. Toute la littérature et une partie de la philosophie du XIXe siècle, dont une pointe s’aventure encore jusqu’au milieu du siècle dernier, avant que le saint-simonisme, l’industrialisme, ne l’emporte définitivement par le truchement de l’américanisme, s’élève contre cette modernité imbécile et arrogante, d’autant plus dangereuse pour la liberté et le bon goût qu’elle se pare du costume, voire du déguisement, de la vertu et de la république, à la manière des Victor Hugo et des Larmartine, ces humanitaristes que des Stendhal, des Baudelaire et des Flaubert ont ridiculisés à jamais. Mais il était dit que le jugement critique ne ferait pas le poids devant le gros arrière-train de la bienpensance et des intrigues qui font pleurer Margot. Le drame de notre époque, en fait, n’est pas tant que la masse soit telle qu’elle fut toujours, dans la mesure où elle est masse, c’est-à-dire conformiste, paresseuse, jouissive, réactive et portée vers tout ce qui est laid et douteux (la nature des spectacles à la mode est là pour démontrer la vérité de ce diagnostic dont il ne faut pas s’attrister outre mesure, étant une donnée comme une autre, comme la mort, la souffrance, l’injustice et la pesanteur terrestre), mais qu’il n’existe plus de groupe suffisamment dense pour lui faire contrepoids, ou pour laisser entrevoir d’autres formes d’existences, d’autres niveaux d’être (ce qui est le propre de toute société vraiment libre). A ce sujet, on peut se sentir émerveillé de rencontrer, sous la Restauration, des cercles, des salons, où légitimistes, bonapartistes, néojacobins, dandys et scientifiques, banquiers et guerriers, autour de belles aristocrates ou bourgeoises, intelligentes, fines, spirituelles, pouvaient échanger des idées diamétralement opposées, sans qu’il existât une quelconque condamnation, comme c’est le cas dans les médias actuels. Stendhal, cette langue acérée, n’avait-il pas avancé, lors d’une soirée, à propos du « milliard » de dédommagement accordé généreusement aux émigrés de la noblesse, qui avaient perdu des biens durant la Révolution, qu’il vaudrait mieux les exiler dans le Béarn, et tirer impitoyablement contre tous ceux qui oseraient passer la frontière ? Pourtant, bien qu’il provoquât alors des cris d’indignation, il n’a pas cessé d’être invité continuellement, au nom de l’admiration que l’on portait à l’esprit. Telle était la France de cette époque, même après la chute de l’Empereur et le retour des Bourbons, et telle elle n’est plus, sous la dictature de la fatuité, de l’imbécillité militante.

Comment en est-on arrivé à une situation qui apparaît comme inédite dans l’Histoire humaine ? Il faudrait relire les analyses perspicaces de Philippe Murray (son étude de l’homo festivus, notamment), de Christopher Lasch, de Renaud Camus, qui a éloquemment disserté sur cette « grosse classe moyenne » qui a envahi la société, numériquement, sinon idéologiquement, et qui constitue le diapason de ce qu’il faut penser et sentir. Nous avons là un type d’humain qui mériterait un nouveau Molière. Mais nous savons avec Stendhal, depuis 1838, que la comédie est devenue impossible. Il faut, pour goûter le ridicule, une classe, comme l’aristocratie du Grand Siècle, qui soit assez cultivée et critique pour prendre des distances par rapport à ses propres défauts. Or, au lieu de satiristes, comme l’a bien montré, dernièrement, dans un petit écrit plein de verve, François L’Yvonnet (« Homo comicus »), nous n’avons plus que des « humoristes », des spécialistes, souvent tristes et sérieux, de la « rigolade », et qui nous somment d’avaliser tous les dogmes, tout en massacrant de façon basse et perfide les têtes de turc du système.

Comme la liberté se touche concrètement par tous les sens, et se conjugue avec tout ce que l’homme présente de qualités premières en relation avec ce que le monde lui offre pour déployer son énergie et sa créativité, la bêtise se rencontre aussi pour ainsi dire physiquement, par le commerce quotidien avec son prochain. Partout où l’on colporte le discours médiatique avec l’accent de celui qui croit penser, qui balance des « vérités » tirées du catéchisme soixante-huitard ou libéral en laissant entendre qu’il débite le saint mystère du monde d’aujourd’hui, dès lors même qu’on a affaire à des réactions d’adhésion ou de rejet face à des objets artistiques, esthétiques qui mériteraient d’être approfondis par une étude riche et nourrie (par exemple, on « doit » être béat d’admiration devant une œuvre « contemporaine » vide et grotesque, devant un spectacle de rue dérisoire et sot, mais il est bien évident que la musique classique, quand elle sort des ornières de la vulgate publicitaire, est chose du passé, donc, à ce titre, fatalement condamnée), on touche du doigt le totalitarisme, l’intolérance bétonnée du moderne, conforté par la naïveté sans faille de ses croyances, dont l’ignorance est la vraie raison.

Car l’un des nombreux paradoxes de notre époque est que l’inculture s’est largement répandue dans la proportion où la durée de scolarité s’allongeait. Paradoxe apparent, certes, puisqu’on n’enseigne pas de la même manière qu’il y a quelques dizaines d’années. L’Ecole est devenue, entre-temps, une machine à formater, à décerveler et à se préparer au métier de « producteur-citoyen ». La quantité de lecture, globalement, est loin d’être réduite au néant. Au contraire. Mais existe-t-il encore des écrivains ? Et lit-on ce que l’on appelle, de façon de plus en plus dépréciative, des « classiques » ? L’approche d’une œuvre est-elle encore assez critique pour s’abstraire d’une morale, ou d’une moraline, qui, même quand elle se présente comme provocation, n’en reste pas moins dans ce que la doxa impose ? Autrement dit, trouve-t-on encore des consciences et des estomacs assez solides, assez larges pour digérer des idées « peu convenables », voire inconvenantes ?
Non seulement notre système éducatif n’offre plus de correctif et de médecine à la bêtise et au conformisme ambiants, mais l’évolution économique a dissous toute perception adéquate de la réalité rude et violente (comme toute réalité) dans un magma sentimental où toute velléité de confrontation se noie. L’octroi généreux de diplômes, souvent sans grande valeur, est le produit d’une société qui s’est industrialisée et a opté pour une économie de services. Ce basculement s’est produit dans les années 6O, justement lors de ce tournant idéologie qui a mis progressivement au pouvoir les bobos adeptes de la permissivité et du libéralisme « soft ». Avec cette classe s’est dérobé le terrain sur lequel une certaine pensée sociopolitique s’appuyait. Le marxisme, par exemple, si l’on veut bien oublier la dimension dogmatique, et même religieuse, qui lui était associée, évitait, dans sa logique intrinsèque, le piège heuristique de la morale universelle, assimilée à la morale bourgeoise. « Leur morale et la nôtre », titrait Trotski. Si la critique anticommuniste a pu arguer de cet « amoralisme », de cet « immoralisme » même, pour condamner les disciples de Lénine ou de Mao, et, conséquemment, légitimer l’emprise idéologique du libéralisme, on doit reconnaître cependant qu’une part de vérité résidait dans la pensée de Marx. Pour deux raisons. La première est qu’elle correspondait à un monde complexe, hétérogène, où s’affrontaient encore des forces antagonistes, et porteuses de visions antithétiques. Le prolétariat, quand il existait, avait une expérience concrète et sans concession du monde, en ce qu’il était aux premiers rangs de la production industrielle, qu’il connaissait et éprouvait une expérience physique, enracinée, de la transformation matérielle de la nature, et, du fait des concentrations humaines générées par le mode capitaliste de production, participait à un style de d’existence collectif, vecteur de luttes et d’une contre-culture empathique et très marquée, dissonante et porteuse d’une vision critique. La deuxième raison est que le marxisme est un classicisme, c’est-à-dire une philosophie qui a pensé, en s’en réclamant et en la dépassant, la tradition tout aussi bien des Anciens, dont Aristote, mais aussi des « modernes », à partir de Machiavel et de Hobbes. Les données de l’économie politique n’ont jamais occulté, chez les grands fondateurs de la pensée socialiste, l’appréhension relativiste des choses, contrairement à la non-pensée actuelle, qui réduit l’interprétation politique à un dualisme manichéen.

Quoi qu’il en soit, et parallèlement à l’oubli volontaire ou non du corpus classique de la pensée européenne, considéré comme dépassé, ou tout simplement incompréhensible, faute d’un armement critique assez fort, la réaction la plus commune est la recherche du consensus, dont on sait qu’il constitue le socle le plus solide du totalitarisme. L’émasculation des caractères est le legs d’une société qui se veut apaisée, pacifique et unanimiste. Il est beaucoup utile de se fondre dans la masse que de courir le risque d’une « engueulade » déplaisante, désagréable, qui risque de mettre en cause les plaisirs opportuns dont on fait commerce avec autrui, et surtout, qui condamne, horreur suprême dans un troupeau ! à la solitude, en tout cas à une originalité, à une singularité qui transforme en individu associable, déplacé et invivable. La pensée est en effet un exercice qui ne vise pas à plaire, mais qui isole parfois. Or, ce qui submerge tout, dans cette société, les corps, les cœurs et les cerveaux, c’est cette atonie, cette heureuse béatitude sensorielle, qui donne l’impression de nager dans le grand Bleu, et octroie l’inestimable bonheur de se diluer dans l’accord universel. Surtout pas de mots qui fâchent ! Que la Syrie, après la Libye, soit présentée faussement, de façon propagandiste, par les médias, on n’ira pas voir de plus près : non seulement parce qu’on manque de culture, de concepts critiques pour le faire, et qu’on n’a pas envie de perdre du temps et de l’énergie – autrement plus utiles pour les plaisirs de ce monde ! et que l’on éprouve de l’indifférence pour tout ce qui transcende l’individu biologique : patrie, communauté, courage et sacrifice, mais aussi parce que l’on préfère éviter d’être en porte-à-faux avec l’opinion commune, de peur de devoir rendre compte de cet écart, et surtout de subir la réprobation, tant la pensée réduite au réflexe conditionné est imbibée d’affectivité, d’émotion et de qu’en dira-t-on. Etre moral, c’est être comme les autres, couleur de muraille, sans couleurs vives, sans arêtes saillantes, sans cette odeur fauve qui caractérise le vrai rebelle, lequel ne se contente pas d’arborer sur un teeshirt une icône du Che ou le graphique d’un joint. L’altérité authentique, celle qui peut gêner, désobliger, décoincer ou que l’on peut haïr, mépriser, rejeter, est javellisée par une waltdynésation qui la folklorise et la rend ingérable par des gosiers habitués à l’alimentation sans saveur du cogiter mou, affadis en outre par une langue de plastic, aux vocables euphémisés à force de mastication moralisatrice et puérile. L’image qui viendrait spontanément à l’esprit serait celle du biberon, de la succion soporifique, celle qui endort les méninges et livre aux songes creux. Car notre nouvel homme adore les somnolences et les rêves, il aime bien être bercé, et, si possible, baigner encore dans l’état d’innocence pour ignorer que la vie est aussi la mort, la souffrance, la vieillesse, la laideur, le conflit, la tragédie, la générosité, l’énergie, le sacrifice et parfois le désespoir. Il préfère qu’on lui conte des histoires de grands méchants loups finalement punis par le garde champêtre.

Avec cette nouvelle race d’humanoïdes, pour peu qu’on ne reçoive pas une rafale des forces spéciales, sous les applaudissement et l’ébaudissement d’une foule goûtant le spectacle, ou si l’on n’est pas ostracisé comme malpropre, mauvais coucheur et réactionnaire patenté, on risque bien, à la longue, d’être carrément enfermé dans des hôpitaux psychiatriques, in pace, délivré de la mémoire des hommes, ou de ce qu’il en reste.

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MessageSujet: Re: Vision d'Hobywen: L’étouffement moderne!?   Mar 14 Aoû 2012, 18:21

Europæ Maxima est vraiment hard en ce qui me concerne, mais je lirai le texte de façon plus approfondie.
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MessageSujet: Re: Vision d'Hobywen: L’étouffement moderne!?   Mar 14 Aoû 2012, 18:26

Narbonne a écrit:
Europæ Maxima est vraiment hard en ce qui me concerne, mais je lirai le texte de façon plus approfondie.


avec patience!? study
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MessageSujet: Re: Vision d'Hobywen: L’étouffement moderne!?   Ven 17 Aoû 2012, 13:36

En vrac:
"l’inculture s’est largement répandue dans la proportion où la durée de scolarité s’allongeait." : Je suis loin d'etre convainçu par cette affirmation. Je pense que la société actuelle est plus cultivée, globalement, qu'au début du XX siècle.
"L’Ecole est devenue, entre-temps, une machine à formater, à décerveler et à se préparer au métier de « producteur-citoyen ». ": exact. L'ecole, a pour objectif, de former de bons petits salariés, bien obeissants.
"Personne ne voit plus d’inconvénient maintenant à être fiché, enregistré, ausculté par tous les moyens": c'est vrai, il y a 30 ans ce n'etait pas le cas. Ce renoncement est sans doute du au fait qu'on pense qu'il n' y aura plus de guerre et que nous sommes en "démocratie".
"Etre moral, c’est être comme les autres, couleur de muraille, sans couleurs vives, sans arêtes saillantes": exact. Il faut être lisse et ne pas sortir de la "norme" du moment.
On a de plus en plus de difficultés de sortir du cadre et de remettre en cause des "evidences rares". L'esprit critique disparait petit à petit. On obéit.
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MessageSujet: Re: Vision d'Hobywen: L’étouffement moderne!?   Ven 17 Aoû 2012, 14:49

Par l'enseignement en général... c'est sûr qui est bien placé et organisé pour çà...

Mais aussi grace au modernisme , télés , radios , jeux vidéos , téléphones portables , etc... , il est si simple aujourd'hui pour les autorités de laver les cerveaux des gens , notamment nos jeunes qui n'ont rien connu d'autre avant.

Mais nous les anciens , nous qui avons connu autre chose , nous qui savons que le pouvoir est en train de nous endormir , nous formater et nous façonner à son avantage...

Que faisons-nous pour réveiller nos descendants ? Que leur transmettons-nous ?

Nous les laissons dans l'ignorance la plus totale par notre mutisme et notre manque d'autorité.

A table la télévision est reine , à mis repas les enfants s'en vont déjà dans leur chambre devant leur ordi où " Facebook " les attend de pied ferme , les consoles vidéos avec les jeux les plus violent que jamais on n'aurait pu imaginé , ou les émission de télé- réalité plus que débiles et farcies de pubs

Que peuvent apprendre nos enfants avec tout çà , et nous qui sommes incapables de nous faire écouter et respecter pour les sortir de là et leur faire prendre l'air un peu , pour leur apprendre que bien d'autres choses bien plus importantes et intéressantes existent.

Que considérés comme de vulgaires troupeaux de moutons leur avenir est en danger.

Quoi que au fond ça nous arrange bien , pendant ce temps on à la paix.

Voilà pourquoi nous avons des enfants aujourd'hui , pour qu'ils nous foutent la paix à n'importe quel prix.

Alors tous ces vautours de dirigeants qui sont au pouvoir car c'est nous même qui les lui avons mis , se frottent les mains , là oui ils ont des murs sans couleurs , ni arrêtes saillantes.

Alors moi qui suis un ancien du bâtiment , je peux vous garantir qu'un mur , un vrai et bon mur comme il se doit a des arrêtes bien saillantes et on peu lui donner les couleurs les plus vives que nous aimerions qu'il ait.

Mais c'est à nous de démontrer que nous voulons absolument que ce mur soit comme çà car c'est comme çà qu'il doit être et pas autrement.

Commençons par par préparer les règles qui nous permettrons de réaliser des arrêtes bien vives , bien saillantes , solides où personne n'aura envie de s'y frotter.

Nous en avons les moyens , c'est le " RIC " , alors qu'attendons-nous ?
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